Mardi 4 août
6 jours à Barcelone
Film long métrage de Neus Ballús (Espagne, 2021)
Mardi 4 août 2026 à 23h10 sur
Durée : 81 minutes

Moha, Valero et Pep vivent à Barcelone et travaillent dans une entreprise de plomberie. Moha effectue une période d'essai et doit remplacer Pep, qui va bientôt prendre sa retraite. La semaine passée ensemble ne suffit peut-être pas pour devenir amis. Mais c'est assez de temps pour se rendre compte que c'est ensemble que l'on peut réussir. Un film apprécié en compétition internationale au Locarno Film Festival 2021, couronné d'un double prix d’interprétation masculine à Mohamed Mellali et Valero Escolar. Voici ce que nous en disions à l'époque :
"Un immigré maghrébin a une semaine d’essai pour faire ses preuves dans une petite entreprise familiale de plomberie à Barcelone. Il résiste de tout son flegme à l’hostilité empreinte de racisme que lui témoigne le mari de la patronne. Construit sur une suite d’anecdotes authentiques, le film s’amuse du privilège que s’octroient ces passe-murailles, qui s’immiscent dans la vie des gens le temps de résoudre leurs problèmes de tuyauterie. C’est à l’évidence l’interconnexion complexe de la tuyauterie sociale qui intéresse la cinéaste, qui trouve sans peine les segments encrassés." (RTS-cgs)
Mercredi 5 août
Feu feu feu
Film documentaire long métrage de Pauline Jeanbourquin (Suisse, 2023)
Mercredi 5 août 2026 à 23h35 sur
Durée : 64 minutes

Juliette vient de passer son baccalauréat et veut devenir sage-femme. Sur les réseaux sociaux, "Junniverse" coupe le feu, un don hérité de sa grand-mère. Ce documentaire dessine le portrait tout en nuances d’une "sorcière" moderne, à la fois extraordinaire et normale, interrogeant les défis existentiels qui se posent à sa génération. (RTS)
Jeudi 6 août
Samedi 8 août
Jeunesse (Les Tourments)
Film documentaire long métrage de Wang Bing (Chine, 2024)
Jeudi 6 août 2026 à 23h45 sur
Durée : 230 minutes

Après Jeunesse (Le Printemps) et avant Jeunesse (Le Retour), voici le deuxième volet d’une œuvre documentaire monumentale, consacrée aux travailleurs de l’industrie textile chinoise, obscur empire de la fast-fashion. Wang Bing avait d’abord salué la persistance d’une insouciance dont seuls les jeunes ont le secret. Dans cette partie centrale, très nocturne, les rires se font plus rares. Au milieu d’une conversation avec une collègue qui doit reprendre tous les vêtements qu’elle a montés parce qu’elle n’a pas suivi le modèle, une ouvrière est prise d’une quinte de toux infernale. Même les corps jeunes peuvent craquer, quand ils deviennent aussi mécanisés que les machines sur lesquelles ils sont continuellement penchés. La souffrance se referme sur la masse des travailleurs. À l’écran, le nom de chacun d’entre eux s’inscrit, comme pour lutter contre la déshumanisation en marche. La fuite du directeur des ateliers de confection, après des ennuis avec la police, met ce documentaire sous tension.
Filmer devient un geste de solidarité avec une jeunesse qui s’éveille à peine à la lutte des classes, prise dans un rêve consumériste pour lequel elle est prête à sacrifier ses forces vives. Ici ou là, des visions lucides se dégagent : « À quoi sert l’argent si tu n’as aucun droit ? » s’interroge un homme. Mais « tant qu’il y a du tissu, on continue », dit une ouvrière au cours d’une réunion où l’on ne sait pas très bien si c’est l’union ou le chacun pour soi qui fait la force. Wang Bing n’a pas mené une enquête journalistique. C’est de la condition humaine qu’il se fait l’écho, faisant de son film une réflexion sur notre époque. Tournées il y a quelques années déjà, ces images ont une force sur laquelle le temps n’a pas de prise. Elles font de cette plongée dans le capitalisme à la chinoise une expérience unique. Et donnent une réalité mémorable à ces vies lointaines, à ce cauchemar d’un monde ouvrier où l’on croit voir s’éterniser les esclaves des débuts de l’ère industrielle. (Télérama)
Alhambra, le trésor du dernier sultanat d'Espagne
Film documentaire de Marc Jampolsky (France, 2024)
Samedi 8 août 2026 à 20h55 sur
Durée : 90 minutes SHS 32

Exploration inédite de l’Alhambra, à Grenade, cité palatiale fortifiée embrasée par le soleil andalou, joyau de l’art islamique et témoin de l’ultime royaume musulman en Espagne.
Lorsqu'en 1492 les couronnes d'Aragon et de Castille font tomber le sultanat de Grenade et pénètrent à l'intérieur des dix hectares cernés de muraille de sa forteresse, au sommet de la colline qui domine la ville, les envahisseurs restent muets devant la magnificence du lieu. C'est que l'Alhambra ("Al Hamra", littéralement "la rouge", en arabe, la couleur caractéristique de ses murs), dont les travaux ont débuté en 1238, demeure la plus importante merveille architecturale des sultans nasrides, la dernière dynastie musulmane d’Espagne. Les murs des palais, recouverts de calligraphie arabe, racontent par la voix des vizirs, les Premiers ministres également poètes, huit siècles de splendeurs de l'art islamique. Les jardins, joyaux de verdure au cœur d'une région aride, sont irrigués par un ingénieux système développé au XIIIe siècle, qui continue en partie à fournir aujourd’hui l'eau nécessaire aux nombreuses essences d'arbres fruitiers, plantées pour créer une impression d’éden terrestre. Au cœur de la cité palatiale, la célèbre fontaine aux douze lions, alimentant des canaux qui représentent les quatre fleuves du paradis décrit dans le Coran, apporte la preuve que la figuration, tant qu'elle n'investissait pas le domaine religieux, avait toute sa place dans le monde musulman.
En compagnie d’experts, d’archéologues et de restaurateurs de l'Alhambra, tous passionnés, Marc Jampolsky (Versailles – Le palais retrouvé du Roi-Soleil) révèle le destin aussi exceptionnel que tragique de ce chef-d’œuvre arabo-andalou. Une exploration privilégiée d'un site à la beauté exubérante, prouesse architecturale qui fit de la géométrie une ressource formelle et expressive sans égale. (Arte)
Jeudi 13 août
Jeunesse (Retour au pays)
Film documentaire long métrage de Wang Bing (Chine, 2024)
Jeudi 13 août 2026 à 23h55 sur
Durée : 152 minutes

Wang Bing filme la vie quotidienne de jeunes ouvriers de l'industrie textile dans le quartier de Zhili, près de Shanghai. Troisième et dernier volet : le Nouvel An approche et les ateliers textiles sont quasi déserts. Les quelques ouvriers qui restent peinent à se faire payer avant de partir.
"Les patrons sont des bâtards", lâche l'un d'entre eux, résigné. Des rives du Yangtsé aux montagnes du Yunnan, tout le monde rentre célébrer la nouvelle année dans sa ville natale : le décor vaste de la nature prend le pas sur l'étroitesse des ateliers. Tandis que des mariages se préparent, une nouvelle génération d'ouvriers apprend à la dure le métier sur les machines à coudre… (Arte)