Sélection TV hebdomadaire

Mercredi 11 février 2026

Fièvre climatique en Arctique


Film documentaire de Yorgos Avgeropoulos (Grèce, 2026)

Mercredi 11 février 2026 à 23h45 sur  Durée : 82 minutes  SHS 31 

De part et d'autre du détroit de Béring, Nikita en Sibérie et Martha en Alaska voient leur monde s'effondrer: le permafrost arctique fond, déstabilisant leurs vies et la planète entière. Malgré les avertissements scientifiques, les forages s'accélèrent dans une région qui se réchauffe quatre fois plus vite. Un ultime cri d'alarme du Grand Nord. (RTS)

 

 

Samedi 14 février 2026

OKI

Les secrets des réseaux sociaux

 

Samedi 14 février 2026 à 9h42 sur  Durée : 14 minutes  - EN 21 

Dans cet épisode d’OKI, les 10-12 ans découvrent ce qu’est un réseau social et pourquoi il peut être si accrocheur. Algorithmes, scroll infini, pubs et vie privée : le magazine jeunesse de la RTS vous explique comment ça marche et les règles pour éviter les pièges. (RTS-cgs)

  Les émissions et le matériel pédagogique de OKI

 

Mardi 17 février 2026

La Salle des profs (Das Lehrerzimmer)

 

Film long métrage d'Ilker Çatak (Allemagne, 2023)

 

Mardi 17 février 2026 à 00h00 sur  Durée : 94 minutes

 

Encore une comédie sociale à la gloire des enseignants qui font un métier formidable dans des conditions qui le sont de moins en moins ? Fausse piste. L’ambiance de cette Salle des profs est parfaitement glaciale, comme la lumière d’hiver bleutée qui nimbe le collège allemand où une jeune prof de mathématiques idéaliste va vivre une semaine en enfer.

Choquée par la façon dont un élève d’origine turque a été un peu vite désigné l’auteur d’une série de vols au sein de l’établissement, l’enseignante va mener sa propre enquête. En salle des profs, elle laisse son portefeuille en vue, devant la caméra allumée de son ordinateur, qui filme à son insu l’avant-bras du pickpocket. Lequel porte un chemisier blanc à motifs orange. Exactement comme celui de la secrétaire d’administration du collège, d’où une suspicion générale et des crises en cascade…

Clin d’œil à Sueurs froides

Caméra sans cesse en mouvement, plans-séquences, image au format 4/3 : le réalisateur, par sa mise en scène, enferme les personnages dans le huis clos du collège et maintient une tension permanente à partir d’un argument au finale assez peu rocambolesque. Faux coupable, apparences trompeuses, multiplication des points de vue, solitude du héros dans un microcosme hostile… Tous les ingrédients du thriller hitchcockien sont réunis, jusqu’au nom de la prof au cœur de la tourmente, Carla Nowak, clin d’œil à Kim Novak, l’actrice dédoublée de Vertigo (Sueurs froides).

Allemand d’origine turque, l’auteur n’assène rien, et surtout pas la vérité, qui restera en suspens, soumise aux interprétations multiples, faute de preuve irréfutable, comme un problème de mathématique demeure irrésolu si le résultat ne peut être justifié. Sans doute l’ensemble embrasse-t-il un peu trop de sujets (le harcèlement, la « cancel culture », les fake news, la toxicité des parents d’élèves), mais il a le mérite d’apporter de la nuance et de l’ambiguïté dans un genre, le « film de profs » donc, où elles font souvent défaut. (Télérama)

 

 

Mercredi 18 février 2026

Elizabeth – L'âge d'or


Film long-métrage de Shekar Kapur (GB, 1998)

Mercredi 18 février 2026 à 21h sur  Durée : 117 minutes

Née fille du roi Henry VIII et d'Anne Boleyn, déclarée illégitime à 3 ans, jugée pour trahison à 21 ans et couronnée reine à 25, Elizabeth Tudor, grâce à une remarquable indépendance d'esprit et une maîtrise parfaite du jeu du pouvoir, sut offrir à l'Angleterre une période des plus fastueuses, malgré les pièges tendus par ses ennemis européens. (RTS)

  Fiche pédagogique e-media

 

 

Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?


Film documentaire de Karelle Fitoussi et Salma Cheddadi (France, 2025)

Mercredi 18 février 2026 à 22h30 sur  Durée : 55 minutes

Faustine, Fatou, Edgar, Acacia et les autres ont 5 ans. Dans cette grande section de maternelle de l'école Popincourt, classée REP (pour "réseau d'éducation prioritaire"), dans le 11e arrondissement à Paris, le brassage social, réel, se traduit pour le meilleur dans des discussions animées entre les enfants. Dans ce microcosme bouillonnant d'éclats de vie et d'hilarants échanges, les différences - comme celle du genre ou de l'homoparentalité - suscitent d'abord et surtout la curiosité, voire l'émerveillement, quand une petite Afghane arbore une robe finement brodée de son pays le jour de son anniversaire. Au printemps, les élections européennes de 2024 s'invitent dans la cour de récré, et la montée de l'extrême droite génère de vifs débats sur l'immigration et le racisme, échos à ceux entendus des adultes. (RTS)

 

 

Jeudi 19 février 2026

Docteur Folamour


Film long-métrage de Stanley Kubrick (GB, 1964)

Jeudi 18 février 2026 à 9h50 sur   Durée : 90 minutes

Persuadé que les communistes ont décidé d'empoisonner l'eau potable des Etats-Unis, le général Jack Ripper qui commande la base aérienne de Burpelson lance une attaque de B-52 vers la Russie. Il isole parallèlement la base du reste du monde. Le président Muffley convoque l'état-major militaire dans la salle d'opérations du Pentagone, prévient l'ambassadeur soviétique et apprend par le téléphone rouge au premier ministre Kissov l'horrible nouvelle. (RTS)

 

 

Dahomey


Film documentaire de Matti Diop (France, 2024)

Jeudi 18 février 2026 à 23h15 sur   Durée : 68 minutes  SHS 32 A 34 AV 

Elles ont la beauté émouvante de patients en réanimation, de créatures fragiles qui, peu à peu, reprennent vie. On leur prodigue des soins sophistiqués, contribuant à l’atmosphère surréelle qui les entoure. Elles sont, pour être exact, littéral, des œuvres d’art tout juste sorties de leurs vitrines au musée du Quai Branly. Mais, littéral, ce documentaire ne l’est jamais, qui transfigure les objets comme les gestes. En captant le départ de vingt-six joyaux du royaume disparu du Dahomey, pillés jadis, et choisis pour être restitués au Bénin, en novembre 2021, la cinéaste Mati Diop rappelle les superpouvoirs du regard. Comme dans son film précédent, Atlantique (2019), qui était une fiction, elle fait surgir le fantastique sans trahir la réalité.

Il en va ainsi de cette voix intérieure, mi-humaine mi-robotique, parlant le béninois, que la réalisatrice prête à l’une des statues – représentant un roi guerrier – en partance pour l’Afrique. La narration sera portée par cette étrange âme sonore, sans genre ni certitude, à même d’interroger en tous sens le voyage entrepris. Car Dahomey n’est pas un film de célébration ou d’approbation de l’événement de la restitution. Mati Diop y prend sans cesse de la hauteur, y gagne de la profondeur, par tous les moyens du cinéma : l’Ours d’or du dernier festival de Berlin est mérité.

Une fois les œuvres revenues sur leur territoire, la réflexion s’incarne dans un fracassant débat entre des étudiants d’une université de Cotonou. Où il apparaît que ces quelques œuvres rendues sont une dérisoire goutte d’eau dans l’immensité de ce qui fut dérobé à la fin du XIXᵉ siècle. Les présidents Emmanuel Macron et Patrice Talon ont-ils surtout organisé une opération de communication ? L’origine vaudoue des objets pose, par ailleurs, la question de leur place, qui n’est peut-être pas le musée où on les a installés d’office. Comme le fait remarquer un jeune homme, le vaudou reste très présent au Bénin, débordant le catholicisme installé par les colons… La mise en perspective devient vertigineuse quand les intervenants constatent qu’ils débattent tous en français, et avec les armes théoriques, les doctrines, les savoirs importés par les pilleurs d’autrefois…

En laissant finalement divaguer l’esprit de la statue dans les quartiers et les paysages de la ville côtière, Mati Diop évoque le sujet crucial de la rencontre entre les objets d’art revenus au pays et la population locale. Ce Bénin contemporain, filmé avec empathie et admiration, est aussi celui des difficultés économiques au quotidien. L’annonce de la restitution comme le contenu des musées pourraient y rester à jamais des données lointaines, abstraites, pour le plus grand nombre… Le film intègre cette hypothèse mais ne s’y arrête pas. C’est assurément l’une de ses beautés : en moins d’une heure dix, il donne l’impression de traverser les siècles, les océans et les civilisations. Il suggère un mouvement perpétuel de la pensée et des choses, qui, à la fois, nous dépasse et nous concerne. (Télérama)