Mardi 18 août
Le Milieu de l'horizon
Film long métrage de Delphine Lehericey (Suisse, 2019)
Mardi 18 août 2026 à 21h20 sur
Durée : 87 minutes
Un été de canicule en 1976. Dans la ferme familiale, Gus, 13 ans, sent bien que la chaleur n’affecte pas seulement les animaux ou les champs, mais vient aussi perturber le comportement des adultes qui l’entourent. Pendant ses vacances Gus assistera à la fin du monde paysan traditionnel de son père et à l’explosion de sa cellule familiale. En quelques mois, il aura définitivement laissé derrière lui l’innocence de l’enfance. (RTS)
Le Milieu de l'horizon : notre fiche pédagogique
La Russie, entre propagande et résistance
Film documentaire de Lyobov Sinitsina et Torstein Grude (Allemagne/Norvège/Danemark, 2026)
Mardi 18 août 2026 à 22h35 sur
Durée : 85 minutes SHS 32

Depuis que l’« opération militaire spéciale » en Ukraine a débuté en février 2022, la population russe est de plus en plus divisée au sujet de cette guerre. Tourné clandestinement en Russie pendant quatre ans, ce film illustre le « fossé qui se creuse » entre les opposants à l’invasion de l’Ukraine, réprimés, terrorisés, et les soutiens — tandis qu’une grande partie des Russes, prudents, se prononcent le moins possible. La photojournaliste Ioulia tient lieu de fil rouge : on la suit dans ses reportages, sur les lieux de rassemblements réprimés, aux audiences des tribunaux, dans les salles de réunions secrètes d’artistes opposants.
La caméra (tenue, comme le micro, par des « anonymes », selon le générique) donne à voir la lutte acharnée et diablement courageuse de ces citoyens qui ne se résolvent pas. Ioulia se dispute à ce sujet avec son fils aîné, qui lui reproche les risques qu’elle prend : une conversation profonde, dans la voiture familiale. D’autres parents, brisés et debout, racontent les arrestations de leurs fils, et leurs gestes dérisoires mais majeurs : porter, comme Nikolaï, un tote bag « non à la guerre » en public comporte des risques invraisemblables. En parallèle, le film documente le travail d’Aliona, fondatrice d’une association de bénévoles qui travaillent pour ravitailler les soldats du front, fabriquer des filets de camouflage et même aider ceux qui partent à s’acheter des bottes ou des sacs à dos… Si cette construction occasionne quelques digressions, et longueurs, ces images rares et témoignages à visage découvert rendent un hommage singulier à ces Russes anonymes qui se dressent, minuscules, face au dictateur qui a entraîné leur pays au ban des nations et au bord de la rupture. (Télérama)
Bélarus, tes résistantes
Film documentaire de Volia Chajkouskaya (Estonie/République tchèque, 2025)
Mardi 18 août 2026 à 00h00 sur
Durée : 95 minutes SHS 32

Volia Chajkouskaya filme à la première personne. Bélarusse, elle vit en exil en Estonie depuis 2018. Au début du tournage, en 2025, elle est enceinte et téléphone à sa mère restée au pays. Les deux femmes savent qu’elles ne pourront pas se retrouver autour de l’enfant à naître. « Maman, tu crois que les choses changeront un jour ? » demande la documentariste, la voix étranglée. Le film remonte le temps. Depuis trente ans, Alexandre Loukachenko s’approprie la présidence de l’ex-république soviétique, déclarée indépendante en 1991. Il a fait de ce pays un soutien ardent à la Russie de Poutine, terrorise et emprisonne des milliers d’opposants politiques. Familles brisées, couples déchirés, enfants confrontés à l’absence…
Volia construit son film comme un journal de bord au féminin. Qu’écrit-on à un mari, un père emprisonné ? Malgré elles, les épouses, comme Nadejda et Macha, entrent en résistance. La réalisatrice rencontre la plus connue d’entre elles, Svetlana Tsikhanovskaïa, dont le mari, emprisonné, n’a pas pu se présenter à l’élection présidentielle de 2020. Elle l’a fait à sa place, a été élue, mais a vu sa victoire confisquée par le président sortant. De la Lituanie où elle vit désormais, elle tente de rassembler l’opposition en exil. Volia saisit ces destins de femmes, libres de leurs mouvements dans les pays Baltes, mais l’esprit happé par le sort des Bélarusses. L’écriture, fine, exprime l’imbrication des sentiments et de l’engagement politique. Profondément remuant, ce récit illustre avec une sincérité évidente le courage et la peur, la solitude et l’entraide entre celles qui n’ont qu’un modeste rêve : vivre en famille et libres, dans leur pays. (Télérama)
Mercredi 19 août
Mithholz, l'héritage explosif de l'armée
Film documentaire de Theo Stich (Suisse, 2021)
Mercredi 19 août 2026 à 22h35 sur
Durée : 49 minutes

Mitholz, un village de l'Oberland bernois, a été détruit en 1947 par l'explosion d'un dépôt de munitions de l'armée suisse. Après des décennies de secret, la population apprend en 2018 que le danger n'est pas écarté. Elle doit maintenant quitter sa patrie avec le sentiment d’avoir été trahie par l’Etat. (RTS)
Jeudi 20 août
La Route
Film documentaire de Marianne Chaud (France, 2025)
Jeudi 20 août 2026 à 23h35 sur
Durée : 85 minutes
Dechen, paysanne des montagnes himalayennes du Ladakh-Zanskar, dans le nord de l’Inde, vit avec son mari dans un abri en pierre. Elle récolte de l’orge, s’occupe des yacks qu’il faut traire et mener dans les alpages. Ces dernières années, un chantier titanesque a démarré, celui de la Zanskar National Highway, qui désenclavera leurs villages et permettra aux convois de l’armée indienne d’accéder aux frontières du Pakistan et de la Chine. Pour la construire, des centaines d’hommes et de femmes travaillent sans relâche. À mains nues, avec quelques outils pour dynamiter la falaise, casser des cailloux et transporter des tonnes de pierres. À 47 ans, Dechen a décidé d’y travailler pour permettre à ses enfants d’étudier.
L’ethnologue Marianne Chaud, qui a consacré plusieurs films au Zanskar, est retournée dans cette vallée pour filmer Dechen. Face caméra, Dechen parle des rôles ancestraux qui lui sont assignés. Combative, elle exprime l’espoir de voir sa fille de 24 ans réussir, matérialisé dans une scène étonnante lorsque cette dernière évoque sa spécialisation en psychologie clinique et son rêve de créer un centre pour les jeunes au Zanskar. Marianne Chaud capte leurs échanges, simples et intenses. Elle filme la beauté des paysages, mais aussi l’épuisement grandissant de Dechen, minuscule silhouette dans la montagne, portant des sacs de bouse, combustible essentiel en altitude. La route, promesse d’ouverture à la modernité, mais aussi future bande d’asphalte qui « vole leur temps », accélère leur vie et bouscule tout. Désormais, les enfants jouent en dévorant des paquets de bonbons et de chips… tandis qu’une mariée pleure de désespoir, le jour de ses noces, arrachée à jamais aux siens pour rejoindre le village de son époux. Le portrait magistral d’une femme des hautes vallées de l’Himalaya. (Télérama)