Samedi 8 août

Alhambra, le trésor du dernier sultanat d'Espagne

 

Film documentaire de Marc Jampolsky (France, 2024)

Samedi 8 août 2026 à 20h55 sur    Durée : 90 minutes  SHS 32

Exploration inédite de l’Alhambra, à Grenade, cité palatiale fortifiée embrasée par le soleil andalou, joyau de l’art islamique et témoin de l’ultime royaume musulman en Espagne.

Lorsqu'en 1492 les couronnes d'Aragon et de Castille font tomber le sultanat de Grenade et pénètrent à l'intérieur des dix hectares cernés de muraille de sa forteresse, au sommet de la colline qui domine la ville, les envahisseurs restent muets devant la magnificence du lieu. C'est que l'Alhambra ("Al Hamra", littéralement "la rouge", en arabe, la couleur caractéristique de ses murs), dont les travaux ont débuté en 1238, demeure la plus importante merveille architecturale des sultans nasrides, la dernière dynastie musulmane d’Espagne. Les murs des palais, recouverts de calligraphie arabe, racontent par la voix des vizirs, les Premiers ministres également poètes, huit siècles de splendeurs de l'art islamique. Les jardins, joyaux de verdure au cœur d'une région aride, sont irrigués par un ingénieux système développé au XIIIe siècle, qui continue en partie à fournir aujourd’hui l'eau nécessaire aux nombreuses essences d'arbres fruitiers, plantées pour créer une impression d’éden terrestre. Au cœur de la cité palatiale, la célèbre fontaine aux douze lions, alimentant des canaux qui représentent les quatre fleuves du paradis décrit dans le Coran, apporte la preuve que la figuration, tant qu'elle n'investissait pas le domaine religieux, avait toute sa place dans le monde musulman.

 

En compagnie d’experts, d’archéologues et de restaurateurs de l'Alhambra, tous passionnés, Marc Jampolsky (Versailles – Le palais retrouvé du Roi-Soleil) révèle le destin aussi exceptionnel que tragique de ce chef-d’œuvre arabo-andalou. Une exploration privilégiée d'un site à la beauté exubérante, prouesse architecturale qui fit de la géométrie une ressource formelle et expressive sans égale. (Arte)

 

Jeudi 13 août

Jeunesse (Retour au pays)


Film documentaire long métrage de
Wang Bing (Chine, 2024)

Jeudi 13 août 2026 à 23h55 sur    Durée : 152 minutes

Wang Bing filme la vie quotidienne de jeunes ouvriers de l'industrie textile dans le quartier de Zhili, près de Shanghai. Troisième et dernier volet : le Nouvel An approche et les ateliers textiles sont quasi déserts. Les quelques ouvriers qui restent peinent à se faire payer avant de partir.

"Les patrons sont des bâtards", lâche l'un d'entre eux, résigné. Des rives du Yangtsé aux montagnes du Yunnan, tout le monde rentre célébrer la nouvelle année dans sa ville natale : le décor vaste de la nature prend le pas sur l'étroitesse des ateliers. Tandis que des mariages se préparent, une nouvelle génération d'ouvriers apprend à la dure le métier sur les machines à coudre… (Arte)

 

Mardi 18 août

Le Milieu de l'horizon


Film long métrage de Delphine Lehericey
 (Suisse, 2019)

Mardi 18 août 2026 à 21h20 sur   Durée : 87 minutes

Un été de canicule en 1976. Dans la ferme familiale, Gus, 13 ans, sent bien que la chaleur n’affecte pas seulement les animaux ou les champs, mais vient aussi perturber le comportement des adultes qui l’entourent. Pendant ses vacances Gus assistera à la fin du monde paysan traditionnel de son père et à l’explosion de sa cellule familiale. En quelques mois, il aura définitivement laissé derrière lui l’innocence de l’enfance. (RTS)

  Le Milieu de l'horizon : notre fiche pédagogique

 

La Russie, entre propagande et résistance


Film documentaire de Lyobov Sinitsina et Torstein Grude (Allemagne/Norvège/Danemark, 2026)

Mardi 18 août 2026 à 22h35 sur    Durée : 85 minutes  SHS 32

Depuis que l’« opération militaire spéciale » en Ukraine a débuté en février 2022, la population russe est de plus en plus divisée au sujet de cette guerre. Tourné clandestinement en Russie pendant quatre ans, ce film illustre le « fossé qui se creuse » entre les opposants à l’invasion de l’Ukraine, réprimés, terrorisés, et les soutiens — tandis qu’une grande partie des Russes, prudents, se prononcent le moins possible. La photojournaliste Ioulia tient lieu de fil rouge : on la suit dans ses reportages, sur les lieux de rassemblements réprimés, aux audiences des tribunaux, dans les salles de réunions secrètes d’artistes opposants.

La caméra (tenue, comme le micro, par des « anonymes », selon le générique) donne à voir la lutte acharnée et diablement courageuse de ces citoyens qui ne se résolvent pas. Ioulia se dispute à ce sujet avec son fils aîné, qui lui reproche les risques qu’elle prend : une conversation profonde, dans la voiture familiale. D’autres parents, brisés et debout, racontent les arrestations de leurs fils, et leurs gestes dérisoires mais majeurs : porter, comme Nikolaï, un tote bag « non à la guerre » en public comporte des risques invraisemblables. En parallèle, le film documente le travail d’Aliona, fondatrice d’une association de bénévoles qui travaillent pour ravitailler les soldats du front, fabriquer des filets de camouflage et même aider ceux qui partent à s’acheter des bottes ou des sacs à dos… Si cette construction occasionne quelques digressions, et longueurs, ces images rares et témoignages à visage découvert rendent un hommage singulier à ces Russes anonymes qui se dressent, minuscules, face au dictateur qui a entraîné leur pays au ban des nations et au bord de la rupture. (Télérama)

 

Bélarus, tes résistantes


Film documentaire de Volia Chajkouskaya (Estonie/République tchèque, 2025)

Mardi 18 août 2026 à 00h00 sur    Durée : 95 minutes  SHS 32

Volia Chajkouskaya filme à la première personne. Bélarusse, elle vit en exil en Estonie depuis 2018. Au début du tournage, en 2025, elle est enceinte et téléphone à sa mère restée au pays. Les deux femmes savent qu’elles ne pourront pas se retrouver autour de l’enfant à naître. « Maman, tu crois que les choses changeront un jour ? » demande la documentariste, la voix étranglée. Le film remonte le temps. Depuis trente ans, Alexandre Loukachenko s’approprie la présidence de l’ex-république soviétique, déclarée indépendante en 1991. Il a fait de ce pays un soutien ardent à la Russie de Poutine, terrorise et emprisonne des milliers d’opposants politiques. Familles brisées, couples déchirés, enfants confrontés à l’absence…

Volia construit son film comme un journal de bord au féminin. Qu’écrit-on à un mari, un père emprisonné ? Malgré elles, les épouses, comme Nadejda et Macha, entrent en résistance. La réalisatrice rencontre la plus connue d’entre elles, Svetlana Tsikhanovskaïa, dont le mari, emprisonné, n’a pas pu se présenter à l’élection présidentielle de 2020. Elle l’a fait à sa place, a été élue, mais a vu sa victoire confisquée par le président sortant. De la Lituanie où elle vit désormais, elle tente de rassembler l’opposition en exil. Volia saisit ces destins de femmes, libres de leurs mouvements dans les pays Baltes, mais l’esprit happé par le sort des Bélarusses. L’écriture, fine, exprime l’imbrication des sentiments et de l’engagement politique. Profondément remuant, ce récit illustre avec une sincérité évidente le courage et la peur, la solitude et l’entraide entre celles qui n’ont qu’un modeste rêve : vivre en famille et libres, dans leur pays. (Télérama)

 

Mercredi 19 août

Mithholz, l'héritage explosif de l'armée


Film documentaire de Theo Stich
 (Suisse, 2021)

Mercredi 19 août 2026 à 22h35 sur   Durée : 49 minutes

 

Mitholz, un village de l'Oberland bernois, a été détruit en 1947 par l'explosion d'un dépôt de munitions de l'armée suisse. Après des décennies de secret, la population apprend en 2018 que le danger n'est pas écarté. Elle doit maintenant quitter sa patrie avec le sentiment d’avoir été trahie par l’Etat. (RTS)

 

Jeudi 20 août

La Route


Film documentaire de Marianne Chaud (France, 2025)

Jeudi 20 août 2026 à 23h35 sur    Durée : 85 minutes

 

Dechen, paysanne des montagnes himalayennes du Ladakh-Zanskar, dans le nord de l’Inde, vit avec son mari dans un abri en pierre. Elle récolte de l’orge, s’occupe des yacks qu’il faut traire et mener dans les alpages. Ces dernières années, un chantier titanesque a démarré, celui de la Zanskar National Highway, qui désenclavera leurs villages et permettra aux convois de l’armée indienne d’accéder aux frontières du Pakistan et de la Chine. Pour la construire, des centaines d’hommes et de femmes travaillent sans relâche. À mains nues, avec quelques outils pour dynamiter la falaise, casser des cailloux et transporter des tonnes de pierres. À 47 ans, Dechen a décidé d’y travailler pour permettre à ses enfants d’étudier.

L’ethnologue Marianne Chaud, qui a consacré plusieurs films au Zanskar, est retournée dans cette vallée pour filmer Dechen. Face caméra, Dechen parle des rôles ancestraux qui lui sont assignés. Combative, elle exprime l’espoir de voir sa fille de 24 ans réussir, matérialisé dans une scène étonnante lorsque cette dernière évoque sa spécialisation en psychologie clinique et son rêve de créer un centre pour les jeunes au Zanskar. Marianne Chaud capte leurs échanges, simples et intenses. Elle filme la beauté des paysages, mais aussi l’épuisement grandissant de Dechen, minuscule silhouette dans la montagne, portant des sacs de bouse, combustible essentiel en altitude. La route, promesse d’ouverture à la modernité, mais aussi future bande d’asphalte qui « vole leur temps », accélère leur vie et bouscule tout. Désormais, les enfants jouent en dévorant des paquets de bonbons et de chips… tandis qu’une mariée pleure de désespoir, le jour de ses noces, arrachée à jamais aux siens pour rejoindre le village de son époux. Le portrait magistral d’une femme des hautes vallées de l’Himalaya. (Arte)